Le 25 Mai 2008, nous sommes r?veill?s ? 7 heures du matin par la fanfare. En effet, c’est la f?te de l?ind?pendance de l?Argentine et la ville de Belen s?est par?e de ses plus belles couleurs (bleu et blanc). On est un peu surpris que la f?te commence aussi t?t mais on apprend que ce jour la non seulement la f?te d?bute de bonne heure mais elle finira tr?s tard ?galement.

Nous quittons donc Belen au son des grosses caisses en direction du petit village d?Antofagasta de la Sierra a plus de 250 km et 3500 m?tres d?altitude. Lorsque on annonce aux gens que l?on se rend la-haut en v?lo, ils nous prennent pour des fous?: ” C?est vraiment tr?s haut, il fait froid, la route est en mauvais ?tat …” Mais t?tus que nous sommes nous partons quand m?me. Le 1er jour nous nous arr?tons apr?s 80km a Villa Vil. On d?couvre un village paisible au pied des montagnes.

Le lendemain les choses sont un peu plus difficiles car la route n?est plus asphalt?e et ?a commence ? grimper?! On croise quelques bus locaux mais la r?gion reste peu visit?e et on avance tranquillement On arrive a Barranca Larga en milieu d?apr?s-midi. En discutant avec le couple qui tient l??picerie, on s?arrange pour laisser un sac a dos. Il nous est inutile pour les 3 prochains jours et il montera avec le bus le lendemain?: ?a nous fait ?a de moins a porter, un l?ger soulagement. Le soir on arrive a 3000 m?tres au sein du minuscule “Los Nacimientos”. On demande la permission de camper au bord de la rivi?re a un jeune qui fend du bois. On se retrouve donc au milieu des ch?vres, sous un magnifique ciel ?toile.

Le 27 mai nous entamons une mont?e plus raide que les jours pr?c?dents vers ce haut plateau qu?est la Puna. La route est asphalt?e de nouveau et c?est donc plus facile de grimper: ouf?! On d?couvre une montagne de sable qui surplombe un sanctuaire de la Diffunta Correa. A l?int?rieur une bougie brule, certainement allum?e par le chauffeur de l?unique v?hicule croise en 2 heures. Puis c?est l??merveillement lorsque nous croisons nos premi?res vigognes ( camelides cousines du lama ). Les vigognes sont une esp?ce prot?g?e, sa laine particuli?rement douce et chaude est tr?s pris?e?! Le paysage est largement a la hauteur des efforts fournis. On d?couvre des montagnes de toutes les couleurs, la laguna blanca. On en prend plein les yeux et on n?en revient toujours pas de se retrouver seuls dans un d?cor aussi merveilleux.

 

Dans l?apr?s-midi un vent violent se l?ve et soul?ve des quantit?s impressionnantes de sable. Plus on essaie de p?daler et plus on est ralentis?! Le vent se fait de plus en plus violent et rapidement tout devient difficile?: pousser le v?lo, marcher, ouvrir les yeux. Les ?l?ments sont impr?visibles et a cette altitude il est habituel que le vent souffle aussi fort?!

Apr?s 2 heures de marche et seulement 3 km, on s?arr?te ?puis?s et on campe en bord de route. La nuit a ?t? bonne et on repart le lendemain a 7 heures, en esp?rant devancer le vent qui en g?n?ral se l?ve en fin de matin?e. Il fait froid ( on est a 3400 m?tres ) et on est gel?s, surtout les mains et les pieds qu?on ne parvient pas a r?chauffer. De plus le temps est voile et les rayons du soleil n?arrivent pas jusqu’??a nous?! La route s??l?ve progressivement et vers 10 heures on arrive au col de Pasto Ventura a 3800 m?tres. Au col on est surpris d??tre presque repousses par le vent de face toujours violent. La descente est difficile, je lutte contre les ?l?ments qui d?cid?ment se sont lies contre nous?! Apr?s 2 heures d?un combat acharne, je n?en peux plus. Le vent a eu raison de moi. On d?cide de faire du stop ou plut?t d?attendre qu?un v?hicule nous monte a Antofagasta. Deux heures et demi s??coulent avant qu?une camionnette de 2 g?ologues fasse son apparition. On ne leur laisse pas le choix, on a froid?! Ils nous prennent avec toutes nos affaires excepte les v?los. Le coffre du v?hicule est plein et nous abandonnons l?chement nos v?los derri?re un bosquet. Nous parcourons les 100 km restants au chaud, on d?couvre quelques uns des 200 volcans de la r?gion, les champs de lave qui ont plus de 1000 ans. Le paysage est diff?rent de ce que l?on a vu la veille mais toujours tr?s surprenant.

Antofagasta de la Sierra est un village a plus de 3300 m?tres d?altitude, les maisons sont en adobe, un lieu de vie difficile (surtout en hiver car il n?y a pas de chauffage dans les maisons) mais un peuple charmant, souriant et dynamique. On loge chez une famille, les parents ont plusieurs sources de revenus pour joindre les deux bouts. En plus de louer des chambres aux quelques touristes de passage, ils tiennent une boutique d?alimentation et travaillent ?galement au “t?l?phone” du village. En effet, les maisons n?ont pas de t?l?phone et seulement 2 cabines sont disponibles pour toute la population. Autant dire qu?en fin de journ?e il faut faire la queue pour passer un coup de fil?!

Le lendemain nous restons dans le village car nous avons 2 probl?mes ? r?gler?: le premier est de savoir comment r?cup?rer nos v?los laisses 100 km plus loin, le deuxi?me est d?essayer de retrouver notre sac a dos sens? ?tre transporte par le bus et qui n?est pas arrive a destination. Le p?re de famille qui nous h?berge se propose de faire la recherche de notre sac, de notre cote, nous cherchons un v?hicule pour retourner ? Pasto de Ventura. Finalement nous partons avec le maire du village dans le v?hicule municipal ( contre un plein d?essence …. vu le prix du combustible, on fait la grimace mais on n?a pas le choix?! ). On retrouve nos montures en fin d?apr?s-midi, a cote d?un ?norme b?uf noir qui veillait sagement sur elles 🙂 Le soir, alors que nous cuisinons, Adolfo ( c?est le p?re de famille ) nous rapporte notre sac a dos?! Apparemment il est monte via un camion de fruits et l?gumes en provenance de Belen. C?est le soulagement.

 

Le 30 Mai nous h?sitons a poursuivre vers le Nord: la route est annonc?e comme tr?s difficile et le vent est toujours tr?s fort. On se questionne pas mal mais encourages par les locaux nous d?cidons de continuer vers le “Salar de l?hombre muerto” et la route de Salta.

On fait un petit d?tour par le volcan Antofagasta ? 9 km du village. Du sommet, on a une vue superbe sur les nombreux autres c?nes volcaniques. On comprend pourquoi il y a autant de scientifiques dans le village.

 

 


Apr?s 2 jours mouvement?s ? Antofagasta, nous reprenons la piste nordique. Effectivement la route est en mauvais ?tat (sable et taule ondul?e) et on avance tr?s lentement. Surtout moi qui ai une moyenne de 7 km/h?! On s?arr?te apr?s 30 km et on trouve le paysage encore plus beau que les jours pr?c?dents. On bivouaque par – 10 degr?s …

L?altitude ne nous pose, par contre, pas de probl?mes, hormis des essoufflements, chose normale. Heureusement qu?en milieu de journ?e le soleil nous r?conforte de ses rayons?! Le 2eme jour on passe un col ? 4500 m?tres avec un vent de face, plus cl?ment que ce que nous avons v?cu auparavant. Les efforts fournis sont plus que jamais a la hauteur de la beaut? qui se d?voile sous nos yeux.

Au matin du 3eme jour, on a toujours aussi froid au r?veil et c?est franchement difficile de sortir du sac de couchage. On se motive, on a plus que 40 km a parcourir avant de rejoindre la salar. Puis le vent s?en m?le de nouveau et on passe plus d?1 heure a pousser les v?los, on est aveugles par le sable. Vers 14 heures, on arrive par miracle dans … une ?cole !!!!! On se retrouve face a un b?timent qui surplombe le salar. A l?int?rieur 2 cuisini?res, 1 instituteur et 7 gamins de 1 a 12 ans qui vaquent a leurs occupations dans une salle v?tuste qui sert de cantine. La plus ?g?e des cuisini?res (au moins 70 ans) nous offre 2 chaises au coin du po?le, du caf? et du pain. Une carcasse de mouton est accroch?e au mur. Les enfants sont impressionnes de voir 2 “gringos” dans leur ?cole et nous aussi on est un peu impressionnes de se retrouver dans ce monde presque irr?el au milieu de “nulle part”?! 1 heure apr?s notre arriv?e, un v?hicule arrive. En effet, il y a un ?change de cuisini?re et la plus jeune d?entre elles rentre sur Salar de Pocitos pour 3 mois de vacances?! On saute sur l?occasion et avec l?accord du chauffeur, on range nos affaires dans le coffre du v?hicule. La route est encore longue et difficile, et je ne me sens pas la force n?cessaire pour la parcourir en v?lo. On d?couvre un paysage un peu plus monotone depuis le la vitre du v?hicule. On arrive a Salar de Pocitos en fin d?apr?s-midi. Nos r?serves de nourriture sont pratiquement ?puis?es et nous attendons l?ouverture d?un “kiosque” pour nous r?approvisionner. Visiblement il n?y a pas de nourriture a vendre dans le village et nous repartons apr?s maintes tentatives les poches vides?! Nous pensons camper un peu plus loin mais en route, Carlos qui est seul dans sa camionnette nous propose de nous conduire a “San Antonio de Los Cobres”. On accepte avec plaisir. On d?couvre une route compl?tement d?fonc?e?: on ne regrette pas ce nouveau saut de puce en voiture?!

En milieu de matin?e, alors que nous pr?parons nos v?los devant l?h?tel de “San Antonio”, nous faisons la connaissance de Dana, 6 ans. La gamine est visiblement tr?s int?ress?e par nos sacoches et elle s?amuse a les compter. Elle est cens?e ?tre a l??cole mais c?est plus int?ressant de discuter de notre trajet 😉 Alors que je range ma sacoche de guidon Dana aper?oit un paquet de g?teaux range dans mes affaires. Elle me demande un biscuit, je lui en donne un. En ?change elle nous offre 2 jolies pierres roses ramass?es dans les environs?! On dit au revoir a Dana et on se quitte sous la “chaleur” automnale.

Dans l?apr?s-midi on passe un nouveau col a 3900 m?tres puis nous entamons notre descente vers Salta, 2500 m?tres plus bas. Le vent nous joue encore des tours et la descente est plus longue que pr?vue?! On parvient, apr?s 1 journ?e et demi sur une route emprunt?e par des camions, a Salta. Ville a l?architecture coloniale, la cite a l?air tr?s “riche” culturellement et nous pensons faire le plein de mus?es et de boutiques d?artisanat 🙂

Voici quelques illustrations?:

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